Discours politbuskers

Discours prononcé lors des Politbuskers à Berne, 3 septembre 2011 (seule la version orale fait foi)

L’éducation est une des richesses de la Suisse. Sans conteste même l’une des plus grandes. Ce ne sont ni le pétrole, ni l’or, ni aucune ressource naturelle qui pourra assurer prospérité, emploi et un niveau de vie élevé à l’ensemble des Suisses. C’est bien cette capacité à innover, à se dépasser et à entreprendre qui a transformé un pays pauvre, il y a à peine quelques siècles, en l’un des plus riche au monde. 

Non seulement générateur de richesse, l’accès au savoir est le garant de la dignité de chacun. Savoir lire est écrire est capital. Cela nous parait naturel et pourtant, c’est loin d’être une évidence. Même dans notre pays ! Environ 20% des Suisses en âge de travailler ont des difficultés à lire. Pour ces gens, les problèmes sont multiples. Du manque de confiance en soi à la difficulté de trouver un emploi, les écueils sont nombreux. Nous devons donc lutter contre l’illettrisme, dont les causes sont aussi présentes dans le système éducatif. Imaginez, l’espace d’un instant, ce que serait votre vie sans lecture ni écriture. Une bonne formation est également un pilier de la démocratie. 

Dans un pays comme le notre, où chaque citoyen est appeler à participer directement à la conduite de la nation, au travers de nombreux votes, il est essentiel que les enjeux soient compris. La prospérité de notre pays, sa richesse, sa démocratie directe qui fonctionne bien, entre autre, pourraient nous convaincre que tout va pour le mieux. Que le système éducatif suisse, en grande partie cantonal, est parfait. Ce n’est pourtant pas le cas ! Ou du moins pas partout. Certains cantons sont en effet régulièrement secoués par des luttes intestines sur l’avenir de leur école. Suppression des notes – créations d’options, de profils – intégration, ou non, de minorités – priorité aux langues nationales ou à l’anglais – sont, entre autres, des questions fréquemment mises sur le devant de la scène. 

Les Suisses attachent donc une grande importance à l’éducation ! Et c’est normal, car s’il y a bien un sujet qui concerne tout le monde, c’est celui-ci. Nous avons tous eu (ou avons encore) une relation intime avec l’école. Il ne s’agit pas aujourd’hui d’être nostalgique d’une époque durant laquelle ces questions étaient plus diffuses. On ne peut dire qu’elles ne faisaient point débat. Tout au plus déchiraient elles un peu moins. Ne l’oublions pas. Le monde a changé, au cours des cent dernières années, plus abruptement que jamais. Je ne saurais dire si c’est un positif. Mais en un siècle, la jeunesse a évolué, par son vécu, par son rapport au monde, par sa façon de communiquer. Elle s’est urbanisée alors que la majorité de nos grands parents vivaient de la terre. Elle vit en paix, l’Europe occidentale n’a plus connu les souffrances et les restrictions de la guerre depuis 60 ans. Elle s’est modernisée ; télévision, internet autorisent un accès instantané à l’information. Elle s’est internationalisée, le monde est accessible à chacun, les distances sont anéanties. Ces changements ont un impact sur la façon d’aborder l’éducation et mettent l’école, plus que jamais, est au centre des débats. Débats parfois si intenses qu’on en appelle à la sagesse populaire. Les campagnes acharnées, véritables guerre de tranchées, entre partisans d’une école intégrative et ceux d’une école élitiste obligent le citoyen à s’interroger sur des questions essentielles de pédagogie. Nos amis vaudois ont d’ailleurs pu le vivre ces dernières semaines, et voteront demain. 

Espérons donc que, comme je le disais en préambule, nous sommes tous des spécialistes de l’école. Car l’enjeu vous le savez bien, est important ! Il y a peu d’ailleurs, nous avons du nous prononcer sur un plan d’harmonisation des structures scolaires (Harmos). Préambule, s’il en faut un, à une école plus homogène dans notre pays. Cette harmonisation est garante de la mobilité, toujours plus grande, à l’intérieur de la Suisse. Cette mobilité peut être source d’ennui pour les élèves, pas seulement pour des raisons linguistiques mais aussi car des différences de niveaux, de programmes, de systèmes existent, entre les cantons. Toute future harmonisation devra se faire par le haut. Len nivellement par le bas n’est pas une option, dans un pays ou le centralisme n’a jamais été apprécié. Personne ne devrait achever son école obligatoire sans savoir lire et écrire. Personne ! 

Ce n’est pas uniquement l’école obligatoire qui est au centre des débats. La formation qui s’en suit interroge. La Suisse a choisi, contrairement à certains pays, de créer deux voies post obligatoires. La voie professionnelle, suivie par la majorité, et la voie académique. Ce choix est aussi une des clés de notre succès. Ainsi, notre pays forme des gens aptes à travailler, en fonction des besoins des entreprises et ne pousse pas les jeunes à remplir les universités, pour ensuite être diplômés, mais chômeurs. 

L’éducation est une des clés qui nous est donnée pour affronter la vie. C’est même plus qu’une simple clé, c’est un passe-partout. Sans savoir, sans connaissance, il est impossible de se construire. En conséquence, il est capital que notre pays dispense une formation de qualité. Nous ne devons pas abandonner l’école aux apprentis-sorcier de la pédagogie. Non, l’école n’est pas un laboratoire, où l’on teste des méthodes d’enseignements sur des enfants ou de jeunes adultes. L’école, c’est la vie. Tout commence par l’éducation, voilà un slogan, très juste, utilisé par un parti politique français. C’est pourquoi elle doit être abordée de manière responsable et préparer les jeunes à affronter les défis qui s’imposeront à eux. Merci !

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