La Liberté: Les communes adhèrent au RER Sud

Article paru dans La Liberté, 10 mars 2012
Stéphane Sanchez

CONSULTATION • Appelées à se prononcer sur la future liaison ferroviaire accélérée entre Palézieux, Châtel-Saint-Denis, Bulle et Gruyères, les communes concernées sont en majorité favorables. Exception: La Verrerie. 

Le projet de RER Sud séduit l’écrasante majorité des communes veveysannes. C’est le résultat de la consultation lancée il y a quinze jours par le Service de la mobilité auprès des communes veveysannes et gruériennes situées sur le futur RERSud. «J’étais moi-même sceptique au début. Mais je suis maintenant convaincu qu’il s’agit d’une très bonne offre, tout simplement parce qu’elle nous accroche au reste du monde», confie le préfet de la Veveyse, Michel Chevalley, en rapportant l’avis de la conférence des syndics de la Veveyse.

Un plus
«Ce projet est un sacré plus et les communes en sont bien conscientes. Il assure de bonnes correspondances à Palézieux. Et il le fait à la cadence semi-horaire (lire repères)», note le magistrat , en rappelant que la cadence actuelle sur la ligne Bulle-Palézieux est d’un train par heure. Cette amélioration de l’offre profitera à l’ensemble du district, si l’on excepte Saint-Martin et Le Flon: «Nous veillerons à ce que ces villages ne soient pas trop prétérités, en particulier les élèves qui empruntent le bus jusqu’à Palézieux pour se rendre au Cycle d’orientation.» 

Impossible, de toute façon, de maintenir l’offre actuelle. «Ce serait une catastrophe.» En tenant compte de l’horaire 2013 des CFF, la desserte ferroviaire actuelle mettrait en effet Châtel-Saint-Denis à 1h46 de Fribourg (via Palézieux), au lieu des 51 minutes à ce jour. La mise en place progressive du RER Sud, elle, placera le chef-lieu veveysan à 53 minutes de la capitale. «C’est vrai, sauf durant les heures creuses, où les temps d’attente à Palézieux, direction Fribourg, s’annoncent bien plus longs», signale Savio Michellod, conseiller communal à Granges. Ce que confirme Martin Tinguely, chef du Service de la mobilité: «Nous avons préféré mettre l’accent sur les heures de pointes.» 

Pas assez 
L’idée d’inaugurer la première phase du RER Sud le 9 décembre 2012 séduit également la majorité des communes veveysannes. L’intérêt est tel que cette majorité revendique, avec la Région Glâne-Veveyse (RGV), l’instauration d’une cadence semi-horaire plus large que prévu par le projet. C’est-à-dire sept jours sur sept, y compris en dehors des heures de pointe. Possible? «C’est l’objectif à moyen terme», répond Martin Tinguely. «Mais il faut que cette offre soit en adéquation avec la demande. Or, cette demande ne sera forte que lorsque la cadence à la demi-heure sera possible de bout en bout du parcours.» Autrement dit, lorsqu’elle sera également possible entre Châtel-Saint-Denis et Semsales. Le déménagement de la gare du chef-lieu est l’une des clés de cette jonction. Il n’est pas prévu avant 2016-2017. 

Des sacrifices
Indispensable à l’accélération de la liaison, la suppression, dès le 9 décembre 2012, de huit haltes sur la ligne Bulle-Palézieux a fait grincer quelques dents. «Mais les communes touchées savent qu’il y a plus à gagner qu’à perdre», note Michel Chevalley. A Remaufens, l’exécutif a consenti le sacrifice de la halte des Moulins, dont la fréquentation est inférieure de moitié environ à celle de la gare (70 passagers par jour en moyenne). «On ne peut pas envisager la création de places de parc aux Moulins; à la gare, oui», explique le syndic Bernard Déglise. Même revendication de la part d’Attalens, qui renonce à la halte de Tatroz après «une douloureuse pesée des intérêts», mais réclame des aménagements en gare de Remaufens, indique la conseillère communale Luciane Lapierre, chargée des transports. 

«Cette demande est générale: les exécutifs souhaitent que les arrêts maintenus soient améliorés en matière d’accueil, de places de parc ou de parcs à vélos», résume Michel Chevalley. Châtel-Saint-Denis et Bossonnens, de leur côté, peuvent déjà tabler sur des améliorations, grâce au déménagement et au remaniement respectifs de leur gare. 

Des bus 
Du côté de Bossonnens, Attalens et Granges, les exécutifs ont profité de l’occasion pour revendiquer ensemble une amélioration et une coordination de la desserte en bus, surtout vers Palézieux. La RGV va même plus loin. Elle relève «le risque d’augmentation d’utilisation des transports privés pour rejoindre les gares», risque induit par la suppression de certaines haltes. Et demande donc à terme «l’introduction d’une desserte fine de bus qui alimente les correspondances ferroviaires depuis le centre des villages.» 

La RGV annonce qu’elle lancera prochainement une étude auprès des citoyens des deux districts, afin de mieux connaître l’utilisation et les besoins en transports publics, et donc de fournir des propositions concrètes. 

L’avenir «Nous avons suggéré d’étudier la possibilité d’introduire, à moyen ou à long terme, une liaison rapide entre Bulle et Palézieux, avec un seul arrêt à Châtel-Saint-Denis», indique Pascal Grivet, syndic de Semsales et député. «Ceci au moins une fois par heure, en plus de l’offre en consultation. Cela permettrait de promouvoir le transport public.» I 

La Verrerie Discordante 
La commune de La Verrerie n’entend pas lâcher sa halte du Crêt, condamnée par la variante du RER mise en consultation jusqu’à hier. Une desserte certes peu fréquentée (4 montées/descentes par jour), mais stratégique. Elle fait en effet face à quelque 100000 m2 de terrain, propriété des TPF, que la commune souhaite convertir en zone industrielle. 

«La Direction de l’aménagement nous a demandé d’attendre le Plan directeur régional pour rezoner», explique le syndic Marc Fahrni. «Mais nous allons anticiper dans une prochaine mise à l’enquête partielle de notre Plan d’aménagement local. Car il est vital qu’une halte de transports publics se situe à moins de 500 mètres du site pour que ce rezonage soit possible.» Et le syndic d’arguer que cette halte pourrait aussi, après aménagement, permettre le croisement des rames, actuellement délicat à La Verrerie. Pas question non plus de supprimer la halte de La Verrerie, interface indispensable avec les bus régionaux. 
«Techniquement, il n’y a pas de marge de manœuvre», réagit Martin Tinguely, chef du Service de la mobilité. «Mais nous allons analyser le problème. La consultation sert à ça. Elle fera l’objet d’un rapport global qui sera transmis ces prochaines semaines au Conseil d’Etat.» Les horaires arrêtés seront mis en consultation publique du 29 mai au 15 juin. SZ 

Satisfaction du côté de la Gruyère 
«Nous voyons ce projet de RER Sud de manière positive», commente le préfet gruérien Patrice Borcard, qui résume ainsi également la prise de position de l’Association régionale la Gruyère. «La commune de Vaulruz, qui accepte la disparition de l’arrêt des Ponts, souhaite toutefois s’assurer que la gare Vaulruz-Sud sera conservée à l’avenir.» 

D’un point de vue touristique, l’attrait de la région sera dopé grâce à une liaison sans changement Gruyères-Broc-Fabrique. Le projet enthousiasme Jean-Pierre Doutaz, syndic de Gruyères. Egalement satisfait de ces améliorations, Stéphane Sudan, son homologue de Broc, émet le vœu que la cadence semi-horaire soit introduite le dimanche. «Depuis l’ouverture du nouveau parcours de la Maison Cailler, la fréquentation des trains a augmenté de 10%», illustre-t-il. 

A Haut-Intyamon, qui compte sept gares, le Conseil communal estime que le RER Sud est un bon projet. «Nous avons tout de même transmis une remarque. Nous ne souhaitons pas que la gare de Montbovon devienne un arrêt de seconde zone alors que c’est un nœud ferroviaire important entre les TPF et le Goldenpass (le MOB, ndlr)», indique le conseiller communal Boris Fringeli. 

Du côté des perdants, il y a Vuadens. Géré par la Fondation Clos Fleuri, l’établissement public des Colombettes n’aura plus de halte. «Si un accès aux transports publics pouvait être maintenu, ça serait mieux. Mais nous devons tenir compte de la globalité de la question», constate Charles Butty, directeur de l’institution. 

Bulle, favorable pour le reste au RER Sud, perd la halte du Planchy. «Notre problème est de savoir qui va se charger de desservir cet arrêt. Ce sera probablement Mobul. Mais nous souhaitons discuter avec le canton du financement», annonce le conseiller communal Yves Sudan. TB 

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© Savio Michellod

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