Un sens unique indispensable, vraiment ?


Pérolles (octobre 2010, vers 17h)
Il semble que M. de Reyff se distingue encore comme champion de la mauvaise foi. Il a commencé par qualifier ses détracteurs de menteurs et d’ignorants, puis a affirmé que leur démarche n’était pas légale. Ses arguments s’étant clairement révélés infondés, voilà qu’il sort l’artillerie juridique : arrêts du Tribunal fédéral, plan d’aménagement local, plan de mesures pour la protection de l’air, plan régional des transports, plan d’agglomération et même le permis de construire du multiplexe cinémas du centre-ville. Bref, tout y passe. L’objectif est clair, semer la confusion dans les esprits, faute d’arguments valables à même de démontrer l’utilité actuelle du sens unique de l’avenue de la Gare et ses conséquences positives sur la fluidité du trafic en ville de Fribourg.

L’objectif de tous les actes législatifs cités est le même : désengorger le centre-ville du trafic motorisé individuel et y diminuer les nuisances (bruit, pollution). Si cet objectif n’est pas atteint, aucune nouvelle construction considérée comme « génératrice de trafic » n’aurait du être érigée dans le centre (Fribourg Centre, Multiplexe cinémas, salle de spectacle, futur parking).

La mise en place du sens unique a-t-elle désengorgé le centre-ville ? La réponse est sans appel : non ! A moins que, selon le Conseil communal, le centre-ville ne se limite à l’avenue de la Gare. Par conséquent, sa mise en service avant que des mesures alternatives ne soient en place est absurde (contournement du centre par le Pont de la Poya, parkings, transports publics de qualité). Elle ne répond à aucune obligation légale puisqu’elle ne remplit pas l’objectif des documents cités.

Pour rappel, les lois ne doivent pas être appliquées uniquement selon leur lettre, mais également selon leur esprit. Le plan d’aménagement local comporte divers objectifs. Voici les plus intéressants, en ce qui concerne la politique des transports : décongestionner le centre ville, maintenir un haut degré d’accessibilité à la ville et opérer avec des moyens optimalisés. Autant dire que le sens unique ne correspond à rien de tout cela.

La suppression du sens unique est donc légalement possible. Jamais une loi ne doit être appliquée sans qu’on prête attention à ses conséquences. L’intérêt public (diminution des nuisances), qui pourrait justifier le sens unique, n’est pas donné (les nuisances n’ont pas diminué). Si les autorités ne veulent pas revenir en arrière, c’est pour des raisons politiques. M. de Reyff sait bien qu’en annulant une décision si controversée, ayant tout de même coûté plus de 400'000 francs aux contribuables, il met en péril sa réélection. Avouer un échec après avoir tenté, par tous les moyens, de conspuer ses opposants, est effectivement catastrophique. Pourtant, un élu ne travaille pas pour assurer sa réélection, mais pour le bien de ses électeurs. Il est grand temps que ce principe de base soit remémoré à certains.

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© Savio Michellod

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