Conclusion sur la Citoyenneté européenne




La vision idéaliste de Jean Monnet, il y a plus de 50 ans, ne s’est pas encore réalisée. Cela n’étonne guère, la crainte d’une nouvelle guerre déchirant l’Europe, à la base de l’ambitieux projet d’Etats-Unis d’Europe, s’est estompée. La citoyenneté européenne est, aujourd’hui encore, en chantier. Le Traité de Maastricht concrétisa un peu le rêve de Monnet, en l’institutionnalisant, les Traités suivants en la développant, en la détaillant dans diverses directives. Il a fallu du temps pour qu’une confiance mutuelle s’installe entre les Etats, permettant de considérer le citoyen d’un autre EM comme égal à un national.

L’élargissement n’a pas facilité les choses et sa poursuite les rendra plus complexes encore. L’extension de la citoyenneté européenne aux nouveaux EM crée sans cesse débat en Europe et la question turque est au coeur du problème, tant l’impression que nous n’avons rien en commun est répandue.

Il est amusant de constater que la première idée de citoyenneté commune est née entre la France et l’Angleterre, lorsque de Gaulle et Churchill furent forcés de s’unir face à la menace allemande. Aujourd’hui, France et Angleterre ont une vision de l’Europe radicalement différente et ne ratent pas une occasion de se critiquer. Comble de l’ironie, ce sont la France et l’Allemagne qui sont aujourd’hui les moteurs de l’UE, et qui s’opposent à l’Angleterre, toujours plus eurosceptique. Dans ces jeux de pouvoir, le citoyen européen semble fort peu pris en considération. La citoyenneté européenne, telle que la désirait Monnet, est encore lointaine Nous n’aurons pas un peuple européen, construit par des traités, mais une Europe des peuples qui, peut-être, d’ici quelques décennies, se sentiront suffisamment proches pour donner un vrai sens aux définitions des traités.


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© Savio Michellod

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